Vive l’école !
En ce premier mois de la nouvelle année scolaire, j’ai retenu trois albums sur le thème de l’école. Mais ils peuvent être exploités à tout moment dans l’année. Le premier est destiné aux petits, les deux autres évoquent l’école maternelle, mais chacun à sa façon, l’un sous forme documentaire et l’autre avec tendresse et humour.
J’avais tout d’abord envisagé de vous présenter des contes, je reporte ce projet à une date ultérieure, mais vous pouvez compter sur des propositions à ce sujet au cours de l’année.
Crocolou aime l’école, Ophélie Texier, Actes Sud Junior, 2009, 7,50 euros.
C’est le premier jour d’école pour Crocolou et il est bien triste quand il lui faut dire au revoir à sa maman. Situation familière dans laquelle les enfants pourront se reconnaître. Puis, la journée se déroule au mieux et, à l’heure des parents, force est de constater qu’elle a passé vite. Entre temps, Crocolou a fait connaissance avec la maîtresse et les autres enfants, il a appris à dessiner, il a chanté, il a mangé à la cantine, fait la sieste et joué en récréation.
Comme tous ceux de cette série, les situations évoquées ici sont familières aux élèves, les illustrations colorées et fraîches et le petit héros toujours aussi adorable.
Activités : Le petit format de l’album invite à une exploitation en atelier. On peut commencer par explorer les pages intérieures pour situer le lieu et appréhender quelques- unes des activités. On peut ensuite revenir sur l’illustration où l’on voit une larme couler sur la joue de Crocolou. Commenter (séparation d’avec la maman). Approfondir la dernière illustration où Crocolou quitte l’école et fait un signe de la main à la maîtresse. Lire le texte qui accompagne l’illustration et constater que la journée a passé vite. Noter la présence du doudou dans le sac et s’intéresser au doudou que chaque enfant a apporté en classe. Les décrire devant le groupe. Observer la couverture de l’album. Constater que Crocolou a l’air heureux et lire le titre. Recenser les activités auxquelles se livre Crocolou, puis comparer avec ce que font les élèves dans la classe. Dans un deuxième temps, introduire des photos prises par l’enseignant à différents moments de la journée et les commenter. Mettre en relation avec les illustrations de l’album celles qui correspondent aux activités représentées par l’illustratrice. Après avoir exploré l’album en petits groupes, coller, au fil d’une même journée, les photos sur une frise au fur et à mesure du déroulement des activités.
Prolongement : Reproduire et afficher la page où l’on découvre différents élèves fréquentant la classe de Crocolou. Ceci permettra de mieux les reconnaître dans les albums de la série qui pourront être exploités au fil de l’année.
L’école maternelle, L’imagerie Milan, petite enfance, illustrations de Benjamin Bécue, Anouk Ricard, Emmanuel Ristord, Gaëlle Souppart, Milan Jeunesse, 2010. 10, 90 euros.
Cet ouvrage offre par les images une représentation exhaustive de l’école maternelle. Il est découpé en quatre parties intitulées : C’est quoi une école ? Une journée à l’école. Les apprentissages. Vivre ensemble. Des pages mémoires viennent compléter l’ensemble. Les illustrations fourmillent de détails, mais dans une mise en page où tout s’équilibre. Un support de langage propice au questionnement et aux échanges. Une mise à distance du vécu quotidien pour mieux en prendre conscience et comparer la représentation donnée de l’école en question avec celle des enfants.
Activités. Là encore, découvrir l’ouvrage en petits groupes et inviter les élèves, ayant participé à l’atelier, à décrire à la classe ce qu’ils ont observé. Collectivement, comparer avec leur propre école ce qui est représenté dans l’ouvrage. Dégager des similitudes et des différences concernant l’organisation des lieux (après avoir visité l’école), l’implantation de l’école (après une sortie dans les environs), la composition du personnel de l’école (à laquelle les élèves auront ainsi l’occasion de s’intéresser pour ce qui relève de leur école). S’attacher au déroulement des activités dans l’école observée et, avec les enfants, établir l’emploi du temps d’une journée dans leur propre classe. En lien avec la 3ème partie de l’ouvrage, consacrée aux apprentissages, donner du sens aux activités en classe et amener les enfants à évaluer leurs progrès au cours de l’année, en regard aussi avec ce qu’ils faisaient l’année précédente. Etablir des règles pour mieux vivre ensemble.
Prolongement : proposer aux élèves de réaliser un album sur leur école à partir de photos et de légendes.
On aime tous la maternelle, Alain Serres, Bruno Heitz, Rue du Monde, 2009, 16 euros.
Une prise de position qui rend heureux pour le crédit accordé à cette école. Un titre qui résonne comme une pétition signée par les auteurs et les personnages. C’est un album drôle, mais qu’il faut prendre aussi au sérieux. Il raconte l’école aux enfants qui vont y entrer et ceux qui y sont déjà y retrouveront leur vécu. C’est la veille de la rentrée et une toute petite maîtresse s’est cachée sous un banc… Elle ne veut pas aller à l’école car elle a peur des enfants qu’elle ne connaît pas. Alors tous ceux qui vont se trouver là vont lui présenter l’école maternelle comme une pure merveille où l’on se livre à toutes sortes d’activités. Et, le jour de la rentrée, la toute petite maîtresse « grandit, grandit, grandit pour que les enfants grandissent aussi ». Une histoire étonnante et décalée qui rend heureux et donne envie d’aller à l’école maternelle.
Activités. Commencer par découvrir les illustrations, repérer les lieux et les personnages en présence. S’étonner de la taille du tout petit personnage sous le banc et que l’on retrouve de page en page, minuscule par rapport aux enfants. Appréhender son changement de taille sur l’avant dernière image et sur la dernière où l’on peut découvrir sa fonction. Laisser les élèves formuler des hypothèses. Lire le texte et les laisser réagir. Relire les parties narratives pour bien appréhender le déroulement de l’histoire. Expliquer pourquoi la maîtresse ne veut pas aller à l’école. Demander à des enfants ce qu’ils aiment à l’école. Recenser tous les personnages qui se sont exprimés dans l’histoire et afficher leurs silhouettes reproduites par l’enseignant. Relire ce que dit chacun et faire rechercher l’image correspondante. La décrire.
Demander ce qui est surprenant dans cette histoire, voire extraordinaire (la maîtresse se transforme). Expliciter la dernière phrase du livre en dégageant que grandir ne signifie pas seulement changer de taille mais aussi évoluer et progresser.
Prolongement : on peut comparer cet album à l’ouvrage précédent, l’un relevant du documentaire et l’autre racontant une histoire imaginaire. Puis, dégager dans celui- ci ce qui relève de l’imaginaire et ce qui évoque bien, malgré tout, l’école maternelle.
Et toujours …
Pour compléter cette sélection, je citerai les quatre albums que compte à ce jour la collection « La photo de classe », éditions Le Sorbier. Ils permettent de suivre d’un album à l’autre une classe présentant une grande diversité culturelle. Utile, intéressant et enrichissant.


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