Quel répertoire de contes proposer en classe ?
Le conte aujourd’hui s’incarne dans des formes variées : la parole du conteur, le livre, le film ou le dessin animé. « Les contes de la nuit » actuellement à l’affiche, comme les autres films de Michel Ocelot, en offre un savoureux exemple. On peut s’appuyer sur ces approches variées pour favoriser en classe une découverte plus approfondie des contes dans une démarche d’appropriation culturelle.
Le conte n’est pas réservé aux jeunes enfants et à chaque cycle de l’école primaire (et au- delà), il trouve sa place dans l’étude des textes littéraires quel que soit le niveau.Au- delà de la constitution d’un patrimoine culturel commun, le conte est aussi un support pédagogique propice à la maîtrise de la langue et au développement de l’imaginaire.
Or on demande souvent aux élèves d’imaginer et d’écrire des contes, comme y invite actuellement le concours « Mille et une nuits, mille et un récit », organisé par la Bibliothèque nationale de France et le SNIUPP. Ce projet très intéressant en soi a peut- être retenu votre attention et vous vous apprêtez à le concrétiser.
Mais il va sans dire que pour inventer, les élèves ont déjà besoin de s’approprier des contes propres à enrichir leur imaginaire.
Un autre type de projet autour d’enfants conteurs, reposant sur des échanges entre classes, voire entre écoles, vous tente peut-être. De nombreuses classes s’y engagent avec succès. Nous en reparlerons ultérieurement.
Vous êtes peut- être en maternelle et pour aider les élèves à s’approprier le langage de l’évocation, vous racontez ou lisez beaucoup de contes aux élèves.
Or il existe plusieurs catégories de contes (contes merveilleux, contes d’animaux, contes facétieux, contes de randonnées, contes étiologiques,...). A l’intérieur de chaque catégorie, les contes ont été classés selon une typologie renvoyant à une organisation spécifique de séquences narratives et de motifs.
Ces organisations particulières offrent des trames narratives à la création d’histoires.
En familiarisant les élèves avec des structures narratives canoniques, elles contribuent aussi au développement de la compréhension.
Les élèves rencontrent également des personnages aux fonctions spécifiques avec lesquels ils se familiarisent et dont ils appréhendent les programmes d’action.
Enfin, les contes venus de tous les pays favorisent une approche culturelle intéressante de ces pays, approche propice notamment à la découverte du monde en maternelle et au cycle 2 de l’école élémentaire.
Quand on choisit de travailler autour des contes, quelle que soit la démarche retenue, il faut donc tout d’abord songer à varier les contes au fil de l’année. Ceci nécessite en tout premier lieu de se constituer un répertoire avant même de réfléchir à la manière d’exploiter et de transmettre ces contes ou encore d’en inventer de nouveaux.
Que vous soyez en maternelle ou que vous exerciez en élémentaire, vous avez déjà un répertoire, plus ou moins riche.
Je vous invite à le partager :
- en faisant part de la façon dont vous vous le constituez ;
- en indiquant vos sources ;
- en précisant quels types de contes vous privilégiez et à quel niveau vous vous adressez ;
- en indiquant quels supports vous choisissez (albums ? recueils ?autres ?) et dans quelles perspectives.
Faire connaître vos interrogations est tout aussi important car propice aux échanges et aux enrichissements mutuels.
Toutes vos propositions, remarques, questions seront les bienvenues.
Le conte, qui a longtemps réuni des communautés et qui a l’école peut être facteur d’une écoute partagée et de socialisation, est propice à de tels échanges.
Une fois la question du répertoire développée, c’est à ses exploitations à l’oral comme à l’écrit que nous pourrons nous intéresser.


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