Exercer l’autorité
Vous n’ignorez pas que, laissée à elle-même, la classe risque de ne pas être studieuse. Votre autorité lui est indispensable. Elle a besoin que vous la conduisiez, la meniez vers les apprentissages, et même que vous sachiez la tenir lorsqu’elle perturbée, agitée. Mais comment commander sans avoir recours au rapport de force ?
Faites autorité
Votre statut de professeur vous rend porteur de l’autorité du savoir et légitime votre pouvoir de diriger. Cependant, dans la classe, le seul statut ne suffit pas, vous devez vous imposer par vous même. Vous devez montrer une « supériorité de mérite ou de séduction qui impose l’obéissance sans contrainte, le respect, la confiance » (un des sens donné à autorité par Le Robert). C’est d’abord, bien entendu, votre compétence qui permet cela. Les élèves suivent volontiers un enseignant dont ils pensent qu’il les conduit efficacement sur les chemins des apprentissages. Mais pour obtenir, en plus de leur confiance, leur profond respect, il faut sans doute leur faire sentir que vous les respectez profondément eux aussi. Vous y parviendrez en leur montrant que vous êtes persuadé de leur éducabilité, que vous les tenez en haute estime et que vous vous engagez pour leur réussite.
Si vous partagez la classe avec un collègue plus chevronné, ou plus présent que vous, n’acceptez pas d’être « l’enseignant en second », celui avec lequel on peut s’autoriser des libertés. Prenez votre part des décisions (sorties, projets…), rencontrez les parents, restez dans la classe même quand vous n’y êtes plus en organisant votre propre espace, en donnant des rendez-vous… (cf. l’article Cherchez de la cohérence et de la continuité à la rubrique Répartition des tâches avec le titulaire en stage filé).
Faites respecter les règles
Vous souhaiteriez que vos élèves, admettant que vous agissez pour leur bien, fassent toujours ce que vous leur demandez. Hélas, ce n’est pas le cas. Certains dérogent aux règles, perturbent la classe… Vous devez alors avoir recours à une autre signification de l’autorité : « Droit de commander, pouvoir d’imposer l’obéissance ».
Faites respecter les règles essentielles de la classe (celles dont elle a besoin pour travailler), et, le cas échéant, sanctionnez les manquements (cf l’article Punir ou sanctionner dans cette même rubrique).
Il est cependant essentiel que vous caractérisiez les transgressions : cet élève perturbe t-il l’activité prescrite parce qu’il ne lui donne pas de sens ? Parce qu’il est prisonnier d’un statut (être le pitre attitré de la classe) ? Parce qu’il se sent en situation d’échec ?… Vous agirez sur les causes du problème et vous modulerez vos réactions en fonction des cas.
Gardez-vous de l’autoritarisme
La relation entre vous et vos élèves est particulièrement dissymétrique : ils sont des enfants, vous êtes adulte ; ils ont ignorants, vous savez ; ils n’ont pas de pouvoir, vous les avez tous. Ayez toujours à l’esprit que vous pouvez donc très facilement vous comporter de façon excessivement autoritaire.
Ne commencez pas une séance par « Ouvrez vos cahiers » mais par une élucidation des objectifs du travail. Justifiez vos décisions. Cherchez les occasions d’associer les élèves à la vie de la classe. Et, si vous êtes amené à très souvent sévir, dites vous que la classe connaît sans doute des dysfonctionnements pédagogiques sur lesquels vous devez agir.


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